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Mimas – The Worries [2009]

Posted by Olivier Morneau sur mardi 28 avril 2009

mimastheworries3Quand j’ai pris ce disque dans mes mains, la première fois, j’ai hésité. Une pochette avec un joueur de mandoline à tête de lapin et un chat. Des images ironiques du band, un feuillet de paroles avec un lapin ironique dessus, des entrevues ironiques, des remerciements tout autant ironique et, pour compléter toute cette ironie, des titres de chansons ironiques (Cats on Fire, c’est pas rien). Je me disais donc que si tout ce qui entoure la musique du groupe était autant poussée à cette extrême ironique, la musique devait nécessairement du même ordre. Mais voilà, Après avoir écouté The Worries une bonne vingtaine de fois, je me suis fait un avis. Passant de post-rock à indie à dream pop sans cesse, The Worries est définitivement un bon disque.

La chanson d’introduction, Treehouse, débute avec une ambiance à la Sigur Ros générée par une arpège de guitare électrique propre et par des sonorités éthérées planantes. Ça monte en crescendo, structure post-rock oblige, pour faire varier la mélodie et se terminer par une montée de lait fuzzée moyennement épique. Ça suit avec Mac, Get Your Gear et ses notes de guitare à la math-rock utilisant des loops pendant quelques secondes. Et comme avec Treehouse, la chanson s’élève jusqu’à atteindre un point quasi-shoegaze durant de courtes secondes. Le rythme est constant mais varié, l’ambiance rehaussée par une trompette lente en arrière-plan. Et cette trompette joue un rôle très pertinent, parfois de premiere importances dans certaines chansons. Dans Dads et Beneath the Glad Sunbeam, des passages de trompettes pures, langoureuses et atmosphériques cassent les moments plus indie pour se diriger vers le post-rock cuivré. L’aspect feutré dream-pop se retrouve dans certains moments moins indie et plus lents.

Si on peut dire que Mimas ne réinvente pas la roue en reprenant les principes de base de Sigur Ros, Mogwai et autres post-rockistes, ils réussissent très bien à les exploiter à leur façon. La trompette, particulièrement, ajoute une touche originale au genre, parfois peut-être trop épique et éthéré. Et bien que j’en ai eu envie, je ne terminerai pas cette chronique par une fin ironique, étant donné que je ne trouve pas grand chose à dire à ce sujet.

Note : 3.5/5

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U2 – No Line on the Horizon [2009]

Posted by Olivier Morneau sur dimanche 19 avril 2009

u2nolineonthehorizonIl y a des groupes comme U2. Des monuments, des gros trucs qui ont influencé de grosses branches de la musique contemporaine et qui sont devenues des puissances de ce monde. À une certaine époque, U2 était génial. The Joshua Tree est un disque grandiose qui mérite sa part du gâteau dans le panthéon des oeuvres majeures et influentes de son époque. Malheureusement, le monument de bronze que constitue le groupe de Bono s’est rouillé au rythme que tombaient les goutes du temps.

Mis à part cette poésie discutable, U2 est devenu une parodie de lui-même, particulièrement Bono. Cherchant toujours à être le plus grand parmi les plus grand, ce mec chante toujours trop fort, trop haut, trop longtemps et s’affiche toujours trop comme étant trop cool avec de trop grosses lunettes, un trop grand coeur pour les pauvres petits africains qui meurent de faim (prisonniers d’un système qui les appauvrit au profit des plus riches, Bono faisant parti de ceux-ci, paradoxe ou parade?), participant à de toujours plus grandes fondations généreuses et blabla. C’est à se demander si Bono ne serait pas prisonnier de lui-même. Faire un duel entre l’égo de Bono et celui de, disons, Alexandre le Grand, il serait difficile de prévoir le gagnant.

Bon, mis à part le fait que, vous l’aurez compris, je détèste Bono, les membres de U2 en général ainsi que toutes leurs tentatives d’évasions fiscales, ils sont quand même des musiciens qui ont fait leurs preuves et qui méritent d’être écouté avec sérieux. Ce que j’ai tenté de faire avec No Line on the Horizon, dernier disque du groupe. Et vraiment, à l’instar de mon compatriote blogueur Benjamin, je considère franchement que Bono devrait prendre quelques calmants lorsqu’il enregistre un album. Des montées vocales infinies comme sur Magnificient, comme si Bono tentait de percer les nuages avec ses cordes vocales, c’est lourd et lassant. « I waaaaas boooorn, to beee with youuuuu », suivie de « Oooooooohhhhh » et de « Only looooove », merde, ça donne envie d’écouter autre chose et vite. Dommage, car musicalement, le reste du groupe se débrouille. Du moins, sur cette chanson. L’intro No Line On The Horizon est gigantesque, probablement un peu trop. Moments of Surrender est mauvaise durant 7 minutes 20 secondes, tout comme Unknown Caller et I’ll Go Crazy if I Don’t Go Crazy Tonight. Musicalement très inintéressant. Étrangement, le single Get on Your Boots ressemble à une espèce de pause après autant d’asphyxie. Cedars of Lebanon a quelques moments de charmes écoutables.

U2 nous aura pondu un disque très négligeable et dénué d’intérêt global. Quelques petits hits de temps en temps mais, en gros, U2 nous propose ici ses propres clous pour son cercueuil. Non non, ce n’est pas que j’ai envie de tuer Bono, simplement qu’il ne s’agit plus du tout d’un grand groupe. Une formule pas créative qui a ravi les critiques nostalgiques, conservateurs et absolument pas visionnaires du Rolling Stones, chose qui ne surprend personne. Hello les gars, depuis U2, il y a eu plein de nouveaux artistes, sortez de votre tour. Et que dire de Bono et ses interminables cris comme un oiseau tropical en chaleur. Le pire dans tout ça, c’est qu’il n’y a aucune consolation en vue. Même Neil Young vient de sortir un mauvais disque. Ça sent la fin de l’horizon, donc du monde. Pouf.

Note : 2/5

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Control Club – Morphine Ballroom [2009]

Posted by Olivier Morneau sur vendredi 17 avril 2009

controlclubmorphineballroomLa pop, ça prend vraiment plusieurs formes. De trucs électroniques à la Depeche Mode (critique à venir) à Pas chic chic ou The Last Shadow Puppets, on peut faire de la pop avec de la guitare, de la basse, de la batterie et du clavier, des cordes, des cuivres et des ordinateurs portables sur lesquels sont installés de coûteux programmes de banques de son digitales. Bref, la pop, c’est vague. Et à l’intérieur de celle-ci on retrouve toute une palette de talents, allant des pires artistes du monde jusqu’à certains des meilleurs. Céline Dion versus Animal Collective, par exemple. Et ici, Control Club se situe environ en plein milieu du spectre. Le problème, c’est que la pop a pour but principal de divertir, chose que Control Club, avec leur Morphine Ballroom, ne fait pas vraiment.

Dès le départ, Inconsolable Master donne le ton. Tout au long de cette exagération lyrique, on y découvre les excès ridicules du groupe. Des paroles beaucoup trop flamboyantes et simili-grandioses sur une musique rapide qui ne sais jamais dans quelle direction aller. La batterie est trop agressive, le clavier joue trop de sons à la fois, la basse se prend à la fois pour New Order et un groupe de punk-rock quelconque. Mais surtout, surtout, la voix est beaucoup trop forcée et saturée d’émotion vraiment invisible. La chanson suivante, Ni les douanes, n’est pas mieux. Bien que plus calme et moins remplie de son désagréables, on y retrouve rien de trop créatif. Et que dire des carrément désagréables chansons chantées dans la langue de Shakespeare (en particulier la merde Play avec ses ridicules paroles dignes d’un journal intime d’un garçon de 12 ans).

Mais malgré toutes mes coups d’épée dans l’eau faits plus haut, ce n’est pas SI pire par moments. On reconnaît un certain talent au niveau des compositions. C’est tout de même un peu mélodieux et accrocheur quand même de temps en temps mais il s’agit toujours du même schéma musical répété encore et encore. Rien de nouveau, rien de vraiment génial, du recyclé qui ne réussit pas à viser juste. Et, au final, il s’agit peut-être de mon opinion de québécois ici mais, merde, la voix est vraiment TROP mais TROP forcée, avec un accent quasi-exagéré, surtout en anglais. Non vraiment, désolé les gars, mais je déconseille.

Note : 2/5

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…And You Will Know Us By The Trail Of Dead – The Century of Self [2009]

Posted by Olivier Morneau sur lundi 6 avril 2009

andyouwillknowusbythetrailofdeadthecenturyofself10 mots, c’est vachement long pour un nom de groupe. Et quand ça commence avec des points de suspension, en plus, ça ne peut être rien d’autre qu’un groupe d’indie rock. Ce n’est certainement pas un petit band rock post-grunge radiophonique merdique qui se choisirait un nom du genre, ça serait trop dur à retenir. Donc, Trail of Dead, c’est du indie rock avec 2 batteurs et plein de musiciens. Après de courtes recherches sur leur passé, j’ai remarqué qu’ils avaient, à leur actif, un certain Source Tags & Codes, très bien coté et apprécié un peu partout chez les critiques. Je me suis donc lancé dans leur dernier disque, The Century of Self, en espérant découvrir quelque chose de bien.

J’ai été assez bien servi. Les genres se mélangent bien, passant d’indie rock pur à des passages plus progressifs ou noisy. Isis Unveiled, d’une durée de 6 minutes et demi, est séparée en plein milieu par un long passage en decrescendo, le genre qui va plaire à ceux qui détestent les structures de chansons plates et trop rapides. Ça descend, ça descend, pour finalement revenir aux musicalités de départ, intense et rock. Pareillement pour Far Pavilions. Fields of Coal est une hymne, avec chorale, moments de grandeurs habituels et montée en puissance, bien agréable. Vers la fin, on nous propose un microcosme de 4 chansons, dont une micro-intro et une micro-outro au piano, moitié avec aspirations à la splendeur un peu cliché, moitié avec objectif émotif atteint. An August Theme pourrait bien être la chanson de menu d’un jeu de rôle moyen pour Playstation tellement ses arrangements de cordes sont grands à la manière d’un monde fantaisiste.

Qu’à cela ne tienne : on a affaire à de la bonne musique. Rien de trop exceptionnel, rien de trop nouveau, très simplement un bon disque dans son ensemble. Séparées, les chansons semblent ne pas être bâties sur grand chose mais, lorsqu’observé comme un tout, c’est solide. De moments atmosphériques planants à passages rock carré, The Century of Self est parfait pour les amateurs d’indie rock. Ce n’est peut-être pas Source Tags & Code que, personnellement, je n’ai même pas écouté (je me fis à la critique des autres, chose dangereuse!) mais, on peut difficilement reprocher à l’album un manque de solidité.

Note : 3.5/5

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Minnaars – Minnaars EP [2009]

Posted by Olivier Morneau sur dimanche 22 mars 2009

minnaarsminnaarsepJe me fais toujours regarder étrangement lorsque je parle de math-rock à mes amis. C’est un genre tres méconnu qui possède un nom particulier. Maths + rock? Le terme est mal choisi tant et aussi longtemps que l’on en écoute pas, parce qu’à entendre la complexité et l’immensité musicale d’un groupe comme Battles, on comprend très bien l’appellation mathématique du genre. Les tempos anti orthodoxes, les arrêts fréquents dans les mélodies, les structures brumeuses incalculables et l’utilisation répétée des loops rappellent la logique cartésiennes, les formules, les graphiques et les formes géométriques carrées. De la musique robotique, un peu futuriste, calculée et méthodique. Et dans tout ça, Minnaars fait du math-rock. Et du dance-rock aussi, un peu.

Donc, pour mon triomphal retour après presque 20 jours d’absence sur mon blog, chose dûe à la procrastination, je vais parler de Minnaars. Dans son EP lancé en ligne (ici, un peu plus bas à gauche cliquez sur l’image de la pochette) à cause de problèmes avec leur maison de disque, Minnaars EP, le groupe propose un mélange sympathique entre complexité progressive et des rythmes remixables. Les moments math-rock complexes et tordus sont agrémentés de rythmes dansant. Il s’agit d’un espèce de mutation entre le guitariste geek et le hipster qui danse dans un club alternatif. Un bon compromis. Et la dernière chanson, Your Heart My Embassy, exprime très bien ce que je veux dire.

Le problème de ce EP, c’est que les 4 chansons se ressemblent tous. On dirait une seule et unique piste d’environ 18 minutes, avec une finale solide. Bon, c’est pas si grave, c’est un EP, mais espérons que l’album se diversifie quelque peu. Parce que le potentiel est là.

Note : 3/5

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