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Animal Collective – Merriweather Post Pavilion [2009]

Posted by Olivier Morneau sur jeudi 22 janvier 2009

animalcollectivemerriweatherpostpavillonLe premier disque que j’écoute cette année est, probablement, celui qui aura subi la plus grande hype de l’année. Qualifé de meilleur disque de l’année 2009 selon certains blogs et média, le dernier bébé d’Animal Collective se devait d’être fort. Il ne pouvait pas en faire autrement, ça aurait déçu trop de gens. Mais pas moi. Je l’avoue très franchement que ce disque est le premier du groupe que j’écoute. Je veux dire, j’ai 19 ans, je viens de découvrir donc j’ai le droit de ne pas avoir entendu ce qui venait avant. Remarquez : cela m’avantage peut-être, puisque je n’ai aucune idée des acquis du groupe, tout ce que je peux analyser en écoutant Merriweather Post Pavillon est la qualité de l’album uniquement, pas ce que le groupe est devenu et blabla. Justement, ce disque, il est comment? Très franchement, il me fait chier. Pas parce qu’il est mauvais, au contraire, c’est le meilleur disque que j’ai écouté depuis, au moins, l’année 2007. Non, ce n’est pas ça le problème. Il me fait chier parce que je n’arrive pas à lui donner une note précise.

Il est comment, donc, cet enfant chéri 2009 du web 2.0? Exceptionnel, rêveur, puissant et fantaisiste sont les mots qui me viennent le plus rapidement à l’esprit (sauf pour fantaisiste, j’ai dû y réfléchir quelque peu). La première fois que j’ai écouté le disque, je venais à peine de l’uploader sur mon Ipod et j’embarquais dans l’autobus pour un trajet d’environ 30 minutes. J’ai écouté, attendu un peu de voir ce que ces musiciens avaient à m’offrir et, à peine 2 minutes plus tard, j’avais les yeux fermés et j’étais transporté ailleurs. Blâmez In the Flowers, la chanson d’introduction. Ça monte doucement en émotions avec une arpège électronique de 3 notes magiquement planante et on se laisse charmer tranquillement, jusqu’à la 150e seconde parce que là, ça explose, ça nous renverse et nous domine, comme si la musique voulait rire de nous parce que l’on s’est laissé faire prisonnier par cette géniale chanson. Tout ça est suivi du premier simple, My Girls, grâce à une sorte d’interlude entre les deux chanson qui donne l’impression de changer de paysage.

Parce que Merriweather Post Pavillon, c’est justement cela, des paysages musicaux magnifiques. Tout au long du disque, on a l’impression d’être dans un autre monde, magique et improbable. On croirait visiter des lieux psychédéliques et à la fois exotiques, beaux, laids, rudes, doux. On dirait un monde de fantaisie, là où les montagnes sont énormes et majestueuses, là où les jungles sont à la fois dangereuses et énigmatiques, les océans remplis de surprises et le ciel mystérieux et sensible (non mais, vous voyez le genre? C’est peut-être juste moi qui a trop joué à des jeux vidéos dans son enfance mais bon, moi, je l’imagine mon monde). Chaque changement de rythme donne l’impression d’être arrivé à l’embouchure d’une nouvelle région. Chaque crescendo est comme une envolée directe pour une autre fiction, pareille mais tellement différente.

Non, vraiment, ce disque est transporteur, créatif, original, puissant et foutrement bon. Ce n’est pas ça qui me cause des soucis.

Le problème est que, donner une note à un album implique de le comparer avec les autres disques ayant la même note. C’est une façon de regrouper les créations des musiciens en un certain nombre de paquets plus ou moins comparables entre eux et avec les autres paquets. Il est où, donc, le problème? Merriweather Post Pavillon est trop bon pour mériter la note de 4.5/5, mais mérite-t-il une note parfaite, en l’occurence 5/5? Est-il assez fort pour se classer aux côtés des Kid A, Closer, Harvest, Animals, The Velvet Underground & Nico et autres chef-d’oeuvre de ce monde? Je manque certainement de temps pour juger cela. Au pire, si je ne suis pas content de ma note, je peux toujours me rectifier. Mais, dans ce cas, je raterais mon objectif d’analyse objective qui me tient à coeur. C’est peut-être ça, aussi, un chef d’oeuvre : quelque chose qui trouble celui qui l’analyse au point qu’il se sent obligé de se remettre en question. Parce que certainement, dans 5 ou 10 ans, j’analyserai différemment cet opus et aurai beaucoup plus de chance de lui donner une note plus juste. Un disque comme ça, ça prends du temps à analyser, parce que…

Ah et au diable, voilà, tu le mérite ta note parfaite Merriweather Post Pavillon. Tu as gagné. Je suis obligé de m’incliner. Tu es trop fort pour moi. 4.99/5 n’est décidément pas la note qui te convient. J’espère ne pas me planter parce que, sinon, tu seras maudit!

Note : 5/5

3 Réponses to “Animal Collective – Merriweather Post Pavilion [2009]”

  1. Francky 01 said

    Malgré cette « hype » énorme, ce buzz médiatique autours d’eux, Animal Collective, la formation la plus audacieuse, novatrice et aventurière des années 2000, a réalisé un très grand disque. Il trone dans les hautes sphères de la création et de l’expérimentation, avec RADIOHEAD bien sûr, et les immenses TV ON THE RADIO. Mais tant de recherches et tant d’audaces peut être parfois chiant car exigent. Cette musique se mérite, un peu comme pour le jazz, notamment le free-jazz.
    Ta critique est pertinente et de surcroit bien écrite. On sent, à force d’articles, un style perso se développer. La 3ème partie de ton article est très juste. La puissance onirique de la musique d’Animal Collective est inouï. Rares sont les formations dont la musique est comme une formidable machine à rêver. Comme dans un rêve éveillé, on le traverse sans comprendre, et on en ressort pas indemne. Son écoute laissera des traces……

    A + + + !!!!!!!

  2. Olivier Morneau said

    @ Francky 01 : Eh bien, merci. J’avais perso l’impression d’avoir raté cette critique en ayant trop mis l’emphase sur mes réflexions concernant la note donnée aux albums et en ayant pas assez parler du disque.

  3. Francky 01 said

    C’est justement ce que j’aime. Comme à l’image des écrits de Hunter S Thompson et du journalisme « gonzo », j’aime le journalisme subjectif, où le sujet est prétexte à parler de soi, ou d’autre chose. Autre grand maître en matière de critique rock « gonzo » et qui sont de véritable oeuvre littéraire, l’américain Lester Bang (son personnage apparait dans le film rock de Cameron Crown « presque célèbre ») ! A !!

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